L’IA dans les restaurants français : les vrais chiffres 2026

Par l’équipe Soleir6 min de lecture
Une professionnelle souriante au téléphone, près d'une fenêtre

L’IA dans les restaurants français progresse vite, mais part de loin : en 2025, 12 % des entreprises de l’hébergement-restauration de 10 salariés ou plus l’utilisaient, contre 2 % en 2023, selon l’Insee [1]. Pour les plus petits restaurants, il faut se contenter de chiffres qui mélangent tous les secteurs.

Ce sont les vrais chiffres, publics et vérifiables. D’autres, bien plus flatteurs, reposent sur des échantillons choisis ou sans méthode publiée. Voici ce qu’on sait vraiment, les chiffres à prendre avec des pincettes, et ce que l’IA fait déjà dans une pizzeria ou un snack, à commencer par le téléphone.

Combien de restaurants utilisent l’IA en France ?

La source la plus solide est l’enquête de l’Insee sur le numérique dans les entreprises, menée en 2025 auprès de 11 000 entreprises [1] :

  • 12 % des entreprises de l’hébergement-restauration déclarent utiliser au moins une technologie d’IA en 2025, contre 5 % en 2024 et 2 % en 2023 [1].
  • C’est la moyenne européenne du secteur (12 % aussi), mais moins que l’ensemble des entreprises françaises (18 %) [1].
  • Le secteur reste parmi les moins équipés, avec les transports (9 %), la construction (10 %) et le commerce (13 %) [1].

Limite importante : l’enquête ne couvre que les entreprises de 10 salariés ou plus. La plupart des snacks et des pizzerias n’y figurent pas.

Pour les petites entreprises, le baromètre France Num 2026 (plus de 9 000 TPE et PME interrogées) donne un ordre de grandeur : 40 % utilisent des solutions d’IA, 14 points de plus en un an, et 53 % des PME [2]. Ce sont tous les secteurs confondus : le communiqué ne détaille pas la restauration.

Enfin, parmi les entreprises qui n’utilisent pas l’IA, tous secteurs confondus, 71 % disent ne pas en voir l’utilité [1]. C’est la vraie question, et la suite de cet article y répond : à quoi l’IA sert, concrètement.

Vos clients sont-ils prêts à parler à une IA ?

Ils s’en servent déjà, et de plus en plus. Selon le Baromètre du numérique (Crédoc pour l’Arcep, 4 145 personnes de 12 ans et plus interrogées en juin 2025) [3] :

  • 48 % des Français de 12 ans et plus ont utilisé une IA générative en 2025, contre 33 % en 2024 et 20 % en 2023 ;
  • 85 % des 18-24 ans l’utilisent ;
  • 34 % des utilisateurs s’en servent tous les jours.

Se servir de ChatGPT, ce n’est pas commander une pizza à une IA au téléphone. Mais l’IA n’est plus une curiosité pour vos clients. Reste une condition : qu’ils sachent à qui ils parlent.

C’est aussi la loi. Depuis le 2 août 2026, l’article 50 de l’AI Act impose que les personnes qui parlent à un système d’IA en soient informées, au plus tard lors de la première interaction [5]. Au téléphone, cela se fait dans la phrase d’accueil. Le détail, et la phrase qui règle la question, sont dans notre article sur l’agent vocal IA et l’AI Act.

Faut-il croire les « 68,8 % » ou « 98 % » de restaurateurs qui utilisent l’IA ?

Pas tels quels. Ces chiffres existent, mais ils ne mesurent pas ce qu’on leur fait dire.

  • « 68,8 % des restaurateurs utilisent l’IA générative. » Il vient du baromètre du salon Food Hotel Tech : 337 restaurateurs interrogés parmi les visiteurs du salon, les 14 et 15 avril 2026 à Paris [6]. L’organisateur l’écrit lui-même : l’étude « porte sur un public déjà sensibilisé aux enjeux technologiques et venu sur le salon à la recherche de solutions pour son établissement » [7]. Ce n’est pas un échantillon des restaurateurs français.
  • « 98 % des exploitants utilisent l’IA. » Il vient d’un rapport de tendances 2026 de Lightspeed, un éditeur de logiciels de caisse, consacré à l’Australie. Lightspeed y affirme que presque tous les exploitants (98 %) utilisent désormais l’IA sous une forme ou une autre [8]. La page publique ne donne ni le nombre de personnes interrogées ni la méthode : impossible de savoir ce qu’il mesure.

Le chiffre représentatif du secteur reste celui de l’Insee : 12 % [1]. Il ne mesure pas tout à fait la même chose (des entreprises qui déclarent utiliser une technologie d’IA, pas des patrons qui se servent de ChatGPT), mais il repose sur un échantillon représentatif.

Avant de croire un chiffre sur l’IA, posez trois questions : qui a été interrogé, combien de personnes, et qui a payé l’étude ? Un sondage d’éditeur n’est pas faux par principe, mais sans méthode publiée, il ne prouve rien.

À quoi sert l’IA dans un restaurant, concrètement ?

Pas à cuisiner ni à livrer. Elle sert aux tâches répétitives qui prennent du temps à l’équipe :

  • Écrire : les descriptions de la carte, les publications, les réponses aux avis.
  • Traduire : la carte en anglais pour les touristes, en quelques minutes.
  • Préparer l’administratif : courriers aux fournisseurs, plannings, premiers jets.
  • Répondre au téléphone : décrocher quand l’équipe est occupée et prendre la commande.

Le téléphone est l’exemple le plus parlant, parce que l’IA y prend en charge une tâche entière. Vendredi, 20 h : le four est plein, le téléphone sonne. Un agent vocal IA décroche, dit qu’il est une IA, prend la commande sur votre carte (produits, options, à emporter ou en livraison), la récapitule et annonce le délai de retrait que vous avez fixé. Il peut proposer une boisson ou un dessert, une fois. Le ticket sort sur l’imprimante en cuisine, avec une alerte par SMS et par e-mail. Si le restaurant est fermé, il le dit et donne vos horaires. C’est ce que fait Soleir : essayez la démo.

Cet usage reste rare, même aux États-Unis : 26 % des restaurateurs y disent utiliser des outils d’IA, mais 6 % seulement des restaurants s’en servent pour les commandes des clients, selon la National Restaurant Association [9]. Le téléphone est encore un terrain libre. Pour mesurer ce que vous perdez quand il sonne dans le vide, voyez combien coûtent vraiment les appels manqués.

L’IA peut-elle aider face au manque de personnel ?

Elle ne remplace ni un cuisinier ni un livreur. Mais elle peut prendre une tâche à une équipe trop courte, et les équipes le sont souvent.

Selon Eurostat, 4,7 % des postes de l’hébergement-restauration étaient vacants en France au quatrième trimestre 2025, soit 64 159 postes, contre 2,4 % en moyenne dans l’Union européenne [4]. C’est presque deux fois la moyenne européenne.

Quand un poste reste vide, quelqu’un fait deux métiers : il prépare et il décroche. C’est là que l’IA peut aider : elle prend le téléphone pendant le coup de feu, et l’équipe reste sur les commandes en cours. Pour chiffrer ce temps, voyez combien d’heures le téléphone prend à votre équipe.

Pour commencer, choisissez une seule tâche qui vous coûte du temps chaque semaine. Testez un outil pendant un mois, et gardez-le seulement s’il vous fait gagner du temps ou des commandes.

Sources

  1. Insee (Insee Première n° 2120), « Les technologies de l’information et de la communication dans les entreprises en 2025 », 21 juillet 2026. insee.fr
  2. Direction générale des Entreprises (France Num), « Baromètre France Num 2026 : quatre TPE-PME sur dix utilisent désormais l’intelligence artificielle », 28 septembre 2026. entreprises.gouv.fr
  3. Crédoc pour l’Arcep, l’Arcom, le CGE et l’ANCT, « Baromètre du numérique, édition 2026 (infographie) », 2026. arcep.fr
  4. Eurostat, « Job vacancy statistics by NACE Rev. 2 activity, quarterly data (jvs_q_nace2, en anglais) », mise à jour du 20 mars 2026. ec.europa.eu
  5. Journal officiel de l’Union européenne (EUR-Lex), « Règlement (UE) 2024/1689 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielle (AI Act), articles 50 et 113 », 13 juin 2024. eur-lex.europa.eu
  6. Food Hotel Tech (communiqué publié par le Journal des Palaces), « Baromètre Food Hotel Tech : adoption massive de l’IA dans les hôtels et restaurants, mais un écart persiste entre indépendants et groupes », 29 mai 2026. journaldespalaces.com
  7. Food Hotel Tech (communiqué publié par le Journal des Palaces), « Rentrée des classes : dans le CHR, l’IA s’installe mais la formation devient incontournable », 11 septembre 2026. journaldespalaces.com
  8. Lightspeed (Australie), « Hospitality in 2026: The Value Reset (en anglais) », 2026. lightspeedhq.com
  9. Restaurant Dive, d’après la National Restaurant Association (États-Unis), « NRA: Over 25% of restaurant operators use AI », 18 février 2026. restaurantdive.com

Sources consultées le 4 octobre 2026.

FAQ

Vos questions

Combien de restaurants utilisent l’IA en France ?

Selon l’Insee, 12 % des entreprises de l’hébergement-restauration de 10 salariés ou plus utilisaient au moins une technologie d’IA en 2025, contre 2 % en 2023. Pour les plus petites, le baromètre France Num 2026 indique que 40 % des TPE-PME, tous secteurs confondus, utilisent des solutions d’IA. Ces deux enquêtes ne donnent pas de chiffre propre aux snacks et pizzerias.

Les chiffres de 68,8 % ou 98 % de restaurateurs qui utilisent l’IA sont-ils fiables ?

Pas pour décrire les restaurateurs français. Le 68,8 % vient du baromètre du salon Food Hotel Tech : 337 restaurateurs interrogés parmi ses visiteurs, un public déjà sensibilisé à la technologie selon l’organisateur lui-même. Le 98 % vient d’un rapport de tendances de Lightspeed sur l’Australie, sans méthode visible sur sa page publique.

À quoi sert l’IA dans une pizzeria ou un snack ?

Surtout aux tâches répétitives : écrire les descriptions de la carte et les réponses aux avis, traduire la carte, préparer l’administratif et répondre au téléphone. Un agent vocal IA peut décrocher quand l’équipe est occupée, prendre la commande, la récapituler et l’envoyer en cuisine. L’IA ne remplace ni la cuisine ni la livraison.

Un agent vocal IA doit-il dire qu’il est une IA ?

Oui, dans l’Union européenne. Depuis le 2 août 2026, l’article 50 de l’AI Act impose que les personnes qui parlent à un système d’IA en soient informées, de façon claire, au plus tard lors de la première interaction. Au téléphone, l’annonce se fait dans la phrase d’accueil, par exemple : « Bonjour, ici l’assistant vocal du restaurant, une intelligence artificielle. »

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